Ne cherche pas à comprendre

 

Il y a de ces répliques au cinéma qui sont inoubliables. Elles restent gravées dans nos mémoires, malgré le poids des ans. Comme celle-là, par exemple, dont je ne me rappelle plus dans quel film exactement : « Ne cherche pas à comprendre mon gars, tu te feras du mal ». Et, ce qui rend ces répliques si spéciales c’est leur parfaite adaptation à la réalité [haïtienne, surtout]. Elles collent parfaitement à notre quotidien.

Les décisions de nos dirigeants, bien des fois, me laissent pantois. En particulier, celle de revoir à la hausse le prix des produits pétroliers sur le marché local alors que le cours du baril de Brent ne cesse de chuter vertigineusement sur les différentes places financières internationales : à New York et à Londres.

Les arguments présentés par le Grand Argentier de la République sont tout à fait valables. Depuis plus de trois ans que le gouvernement subventionne le gaz, le manque à gagner est devenu intenable, insoutenable. Presque, un milliard de gourdes de perte rien que pour le dernier exercice. Une décision logique, somme toute, de vouloir stopper progressivement, l’hémorragie.

Mais est-ce le bon moment pour le faire ? Avec une rentrée des classes difficile pour les parents et des ménages de plus en plus à la peine.

Le nœud de la question est là. Une affaire de timing. En politique, surtout en politique économique, tout est question de timing.

Une mesure prise précipitamment ou en retard peut avoir de graves conséquences. Malheureusement pour nos dirigeants qui sont de grands chronophages, ils restent enfermés dans leur bulle et prennent leur décision sans tenir compte du contexte régional.

La République dominicaine, par contre, est en train de revoir à la baisse le prix de l’essence à la pompe et consulte les syndicats de transport en commun pour que cette baisse soit profitable aux passagers.

Chez nous, non seulement nous avons fait le contraire, mais le gouvernement a décidé de fixer unilatéralement les nouveaux tarifs des différents circuits et courses interurbains. Sans consulter les syndicats de chauffeurs. Résultat : ces derniers fixent eux-mêmes, comme bon leur semble, leur prix. Et, par-dessus tout, les passagers payent sans broncher. Aucune voix ne s’élève contre le gouvernement, encore moins contre les chauffeurs. Tout va bien dans le petit monde d’Alice au pays des merveilles. Si seulement nous disposions d’une association de défense des consommateurs !

En attendant, je ne comprendrai jamais nos dirigeants encore moins mes concitoyens. J’y ai déjà renoncé d’ailleurs. Depuis belle lurette.

 

Une réflexion au sujet de « Ne cherche pas à comprendre »

  1. L’homme est un animal doué de raison et, de déraison aussi. Comment comprendre qu’une société (consommatrice) soit aussi passive devant de telles bévues des dirigeants aux visions bornées, mesquines (…). « Pito nou lèd nou la », voilà cette mentalité rétrograde qui nous tient depuis des années dans ce déséquilibre socioéconomique.
    Merci de tirer la sonnette d’alarme. Je crois que c’est ma première visite sur ton blog. J’en profite de te dire bonne arrivée et bonne continuité sur la plateforme.

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